Manon 2018

Elle est charmante, et je comprends qu’on l’aime”

LE 24 AVRIL 2018 par Bruno Peeters

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Manon de Massenet
Reportez-vous à mon article du 16 avril concernant les répétitions de ce projet ambitieux. Sa réalisation avait lieu ce week-end, samedi et dimanche, et j’ai pu en voir la deuxième. Les douze (!) jours de répétitions ont été bénéfiques, et le spectacle auquel j’ai assisté manifestait un fort bon niveau.Quelques marches d’escalier et un écran formaient le décor. Cet écran affichait une photo différente par acte. La mise en scène de Paul-Emile Fourny suivait l’intrigue, ne détournant pas l’attention, qui devait se reporter sur les chanteurs. A l’acte IV, la scène de jeu à l’Hôtel de Transylvanie, très vivante, était particulièrement bien venue. Un grand coup de chapeau à la valeureuse pianiste, Maryana Kozyreva : il faut la féliciter car, malgré les quelques coupures, la partition est longue, et elle a joué sans arrêt. Son jeu était puissant quand il le fallait (Saint-Sulpice, Transylvanie) mais aussi délicat à l’infini, comme dans l’accompagnement du “Rêve de Des Grieux”, presque pré-debussyste. Le public était présent pour écouter et regarder les jeunes solistes du Studio lyrique. Il s’agissait en effet de leur première prestation scénique d’un opéra intégral, et la performance a impressionné. Des deux Manon, j’ai entendu celle de Natalie Oswald, élève de Marcel Vanaud au Conservatoire royal de Bruxelles. Avant tout, il faut applaudir cette jeune américaine pour son impeccable prononciation de la langue française. Elle a caractérisé une Manon mutine (la gavotte !), mais fragile, au timbre clair et très virtuose. Son arrivée à Amiens, son air du II “Adieu, notre petite table”, ou toute la scène du Cours-la-Reine ont bénéficié du talent de cette colorature promise à un bel avenir. Xavier Flabat était son chevalier Des Grieux. C’est un ténor barytonnant, manquant parfois de nuances (son air “Ah fuyez, douce image” bien trop tendu), mais excellent dans la tendresse (finale de l’acte I ou scène de la mort de Manon). La révélation du spectacle a sans aucun doute été le Lescaut de Kamil Ben Hsaïn Lachiri, baryton de 24 ans, et également pianiste et maître en économie et en finances (!). Ce jeune homme talentueux incarnait un Lescaut sonore, jovial et brûlant les planches, gagnant la sympathie du public. Gageons que l’on réentendra parler de lui. Le Comte Des Grieux ,de belle prestance, de Mathieu Abelli, a dû charmer Marcel Vanaud, présent dans la salle, et dont ce fut l’un des rôles les plus marquants.  Guillot et Brétigny parfaits de Jean-Louis Danvoye et Arnaud Rouillon. Le trio des filles Poussette, Javotte et Rosette de Camille Georges, Lisa Defeyter et Aude Reichart a été remarquable, en particulier dans les ensembles. Les rôles secondaires, nombreux, étaient bien choisis, et la performance du choeur, dirigé par Cécile Bolle, était à souligner. Tout ce monde était placé sous la direction musicale attentive de Philippe Gérard. Magnifique initiative donc du Studio lyrique et du Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Rendez-vous l’année prochaine pour… Carmen !
Bruno Peeters

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